La scénographie entre à l’Académie d’architecture

Courte allocution d’Adeline Rispal lors de son installation à l’Académie d’architecture le 29 octobre 2015

Livret AA

Vers le texte

 

Vers la fin de l’exposition temporaire ?

Texte : Serge Chaumier

104 Exposition Par nature, I am free, de Moataz Nasr / Photo Serge Chaumier

À l’occasion d’une conférence donnée au Louvre-Lens dans le cycle d’exploration des métiers, le vendredi 24 janvier 2014, nous nous penchions sur le sens de l’exposition et ce faisant sur les perspectives à venir. Prenant pour point de départ de notre réflexion un récent article sur la question.

Notre collègue muséologue Daniel Jacobi, dans un récent article (1) , s’adonne à un exercice périlleux de prospective, il pronostique la fin des expositions temporaires. Celles-ci auraient été un temps de l’histoire des institutions, de ces 30 dernières années, mais ce cycle arriverait par épuisement à son terme. Si Francis Haskel a su montrer l’essor de l’exposition temporaire, devenue depuis les années 80 le coeur des institutions (2), la période à venir refermerait cette parenthèse. Drôle d’hypothèse qui mérite qu’on s’y arrête.

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Soft power et musées en émergence

Texte : Serge Renimel

Resplandor y Soledad de Cai Guo Qiang
Resplandor y Soledad de Cai Guo Qiang. Photo : Carlos Alcocer by-nc-nd – flickr.com

Les nouveaux maîtres du monde auront-ils encore longtemps besoin de nos talents?

Depuis la fin du siècle passé, nous sommes témoins, et parfois acteurs d’une sorte de ‘conquête muséographique’ de l’Orient qui est mue sans ambigüité par notre impérialisme culturel. À une échelle économique certes bien marginale, elle perpétue assez fidèlement le schéma de la colonisation commerciale et culturelle des espaces orientaux au XVIème siècle, celle qui initialisa la mondialisation, et les siècles d’or des puissances européennes.

Aujourd’hui, les expéditions occidentales ne sillonnent plus l’Océan Indien en caraques, mais leurs modestes avatars le survolent en business class, depuis la Péninsule arabique jusqu’à la mer de Chine. Dans le domaine des expos et des musées, délégués par leurs gouvernements ou leurs grandes institutions d’origine, nos professionnels des musées sont aussi, en réalité, des vecteurs diplomatiques qui facilitent la globalisation de nos stéréotypes culturels. Nombre d’aventuriers indépendants parcourent aussi le Moyen Orient, l’Asie et l’Insulinde en tentant d’y placer des productions d’expos d’art calibrées à l’origine pour une fraction privilégiée des publics européens et nord-américains, mais dont l’équilibre financier sur nos seuls marchés intérieurs devient de plus en plus incertain.
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