L’apport de la scénographie dans le processus d’acquisition des savoirs ? 2/3

Texte : André Giordan

© Studio Adeline Rispal / Philippe Barres
© Studio Adeline Rispal / Philippe Barres

La scénographie devient incontournable dans la conception d’une exposition, d’un musée ou d’un lieu de savoir. D’abord faut-il encore qu’elle existât vraiment au sein des productions ou a contrario qu’elle restât à sa place. Or le terme ne fait pas consensus sur le plan international. Nombre de vocables différents sont en usage selon les pays, les professions ou les projets.

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L’apport de la scénographie dans le processus d’acquisition des savoirs ? (1/3)

Texte : André Giordan

© Musée du Louvre / Philippe Ruault
© Musée du Louvre / Philippe Ruault

La scénographie apparaît pour les institutions muséales comme un domaine encore jeune ; elle demeure souvent absente ou directement à la discrétion des conservateurs ou des curators, « jaloux » de leur objet, de leur tableau ou de leur projet !.. Quand elle est présente, elle peut paraitre par manque de recul comme un non-pensé ou comme un «tape à l’œil » qui pollue le message. Cet état n’est pas sans conséquence ; très souvent le message souhaité ne « passe » pas, ou même génère ennui ou évitement. Heureusement des tentatives originales commencent à structurer le domaine.

En Europe, les projets de musées et d’expositions continuent à proliférer malgré la «supposée » crise ; dans les pays du pétrole et de l’Extrême-Orient, d’immenses programmes voient le jour. De « bonnes » raisons sont mises en avant : identitaire, patrimoniale, touristique, culturelle et éducative. Sur ces deux derniers plans, les réussites en matière d’acquisition de savoirs sont rarement au rendez-vous. Les exemples sont multiples, à commencer par nos plus brillantes institutions nationales. À la Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris, de récentes expositions telles que L’énergie restent pensées comme un livre à travers une accumulation de panneaux et de données, rapidement fastidieuses. La plupart des interfaces sont indécodables sans l’accompagnement d’un médiateur motivé. Les salles de l’Art de l’Islam du premier musée de France se trouvent être une simple juxtaposition d’objets qui nécessite a minima un master d’art et de culture islamique pour en apprécier la profondeur . Dans un autre style, l’immense décor des Maîtres du désordre, au Quai Branly, « digéra » totalement le propos des conservateurs.
Il n’est pas étonnant que nombre de Français ne poussent pas la porte d’un musée.

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